Bohemian Rhapsody

J’écoute Queen. Régulièrement. Ça tourne d’ailleurs au moment où je rédige cet avis. Mais est-ce que je connais Queen ? Évidemment non. Pour cela, il aurait fallu vivre avec le groupe et encore. Alors faire un biopic sur ce groupe mythique est-il réellement possible ? Probablement, à condition de respecter tout ce qu’il y a à respecter, le bon comme le mauvais.

Bohemian RhapsodyEt pour se rendre compte que Bohemian Rhapsody n’est pas dans ce respect, pas besoin de connaître Queen et son histoire. À 100 lieues ça pue le non-dit, l’irrespect, le faux. Et il suffit de faire quelques recherches sur le net pour se rendre compte à quel point le film réarrange à sa sauce pour faire du sensationnel, rajouter du drame où il n’y en a pas besoin, distille de fausses informations pour faire grandir un groupe qui est déjà au sommet.

Bohemian Rhapsody 02Et tous ces petits couacs deviennent soudainement un peu gros à l’écran, tuant le peu d’épique que l’on peut trouver dans le film. Bien entendu, le point culminant reste ce concert mythique de Wembley, présenté comme une sorte de chant du cygne et en même temps une renaissance du groupe. Gné ?

Et tout est un peu comme ça dans Bohemian Rhapsody. On ne sait pas trop où on va, on ne sait pas trop ce que le film raconte car incapable de trouver une voie et s’y tenir. C’est quoi l’axe principal de l’histoire ? Cette chanson incroyable qu’est Bohemian Rhapsody ? Non, parce que si on ne cesse de parler d’elle durant 20 minutes, d’un seul coup d’un seul, on se dit qu’il faut prendre un autre axe. La chanson n’aura droit qu’à un simple encart en fin de film pour expliquer deux ou trois petites choses que l’on avait oubliées.

Bohemian Rhapsody 03Alors c’est Queen, le sujet ? Oui, indubitablement ! Sauf que non et pourtant, on ne cesse de nous rabâcher en long, en large et en travers pendant plus de 2h que Queen est une famille, qu’il n’y a pas de Brian May, Roger Taylor, John Deacon et Freddy Mercury indépendamment des uns des autres, mais Queen. Pourtant, le film se concentre sur Freddy Mercury, les autres passant lamentablement au rayon de faire-valoir.

Donc, le sujet, c’est Freddy Mercury ? Oui, c’est ça. Enfin, pas tout à fait non plus…

Oui, donc on ne sait pas trop ! Parfaitement ! En tout cas, moi, je ne sais pas trop quoi penser de ce film. Ce sentiment qu’il est bourré d’erreurs, survolé, qu’il n’entre jamais à fond dans le vif du sujet, qu’il détourne la réalité… Ce passage final où d’un seul coup on fait de Queen les sauveurs des dons est complètement faux et même si on ne sait pas réellement ce qui s’est passé à cette époque, on sent vraiment l’entreprise désespérée pour faire du sensationnel. Car ce n’est pas Queen qui a permis d’atteindre les objectifs de dons. Ce n’est pas le groupe se produisant sur scène qui d’un coup a réveillé les consciences et le craquage complet des dons…

Bohemian Rhapsody 04Notez que je ne parle pas de réalisateur mais de « on » ici. « On », parce qu’en fait, le film n’a pas de réalisateur. Si Bryan Singer est crédité, il a été viré avant la fin du tournage et enterré, par la suite, par la plupart des membres de l’équipe. Quoi qu’il en soit, s’il a réalisé une bonne partie du film, on sent aussi qu’il est peu habité par le projet. Pour le traiter aussi légèrement, il ne peut en être autrement.

Bref ! Bohemian Rhapsody traîne souvent en longueur, dérange par ce côté non-dit, frustrant, criant de non-vérité, arrangé pour faire bien et beau… Et les quelques séquences à l’opposé de tout ça ne permettent pas de sauver le film. Est-ce que Rami Malek, aussi excellent soit cet acteur, interprète un Freddy Mercury plus vrai que nature ? Nous ne pouvons en juger. Des quelques vidéos que l’on connait de concerts, oui, il imite Mercury à la perfection mais pour le reste, nous ne pouvons qu’être écarté du sujet. Et puis, c’est risible de voir l’acteur constamment en train d’éviter que sa prothèse dentaire ne se barre.

SAG Awards-NominationsD’un point de vue musical maintenant et plus personnellement, j’aurai bien aimé entendre des titres connus et tout aussi absents du film, comme Princess of the Universe ou encore The Show Must Go On. En même temps, c’est logique, vu que pour l’équipe de tournage, Queen meurt après ce concert à Wembley. Gné ? Sans compter que rien n’est intégré au film, tout vient comme ça sans vraiment de logique parfois, juste pour mettre du Queen parce que c’est le but de mettre du Queen dans un film sur Queen.

Enfin, vous l’aurez compris, Bohemian Rhapsody n’est ni fait ni à faire, ne respecte rien de ce qu’il narre et pour moi, ne mérite pas son succès.

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Ant-Man et la Guêpe

À l’instar du premier film, Ant-Man 2 casse un peu le rythme de la saga Pierres d’Infinité. Toujours aussi léger, aussi drôle, le film reprend le fil rouge qu’il avait laissé avec l’espoir de retrouver la femme de Pym.

Ant-Man2Mais comme ça ne suffit pas pour tenir tout le film, bien trop léger fil rouge, les scénaristes rajoutent une histoire qui, une fois n’est pas coutume dans ce monde, présente un vilain pas si vilain que ça.

L’ambiguïté des personnages rend le film plus profond même si le sujet a déjà été traité sous divers aspects. Limite, on prend ce Fantôme en pitié.

Ant-Man et la Guêpe se déroule avant, pendant et après l’Infinity War, comme si Scott Lang se désintéressait bien de ce qui peut se passer alors que l’humanité toute entière est en danger. Ce côté peu alarmiste peut prêter à sourire et en même temps n’est pas inintéressant, montrant que le danger, aussi énorme soit-il peut encore trouver à se cacher. C’est aussi l’occasion de montrer que Ant-Man devrait avoir son importance dans End Game, comme il avait été important dans Civil War.

Bien souvent, passé l’effet de surprise, les film se perdent. Ant-Man et la Guêpe, sans transcender son aîné, reste dans la même lignée, avec toujours cet humour si particulier, tout en explorant des horizons plus sombres et sérieux.

Avengers – Infinity War

Avengers 3C’était certainement un des films les plus attendus en 2018.

Et quelle claque !

Réunir autant de personnages dans une seule histoire, c’était un pari lourd à relever et les frères Russo, déjà responsables des meilleurs Captain America, font un tour de force incroyable. Le fait de ne pas avoir les personnages principaux à présenter leur permet de s’attarder sur Thanos, même si ce dernier manque un peu de profondeur. C’est un esprit torturé plus qu’il n’est un vrai bad guy et cet aspect n’est que très légèrement survolé.

Mais quand même ! Il fallait enquiller les séquences d’action à ce rythme soutenu, tout en laissant respirer le spectateur et jongler avec tous ces personnages. Le scénario à tiroir est alors idéal pour sauter d’une situation à une autre pour finir sur un combat épique toujours plus puissant et dévastateur que les précédents. Ici, ils en viennent tout de même à se balancer des lunes sur la tronche !

Aussi puissant soit-il, Avengers 3 souffre de quelques erreurs. Certains seront dérangés par l’humour qui ne doit pas avoir sa place dans un film où l’on parle de décimer la moitié de l’univers. D’accord mais perso je n’ai pas trouvé cet humour si dérangeant. Non, ce qui m’aura le plus gêné c’est justement cette séquence où Star Lord pète un plomb alors qu’ils sont tout proches de sauver l’humanité toute entière. Ce moment est le plus incohérent qui soit.

La force de ce film réside aussi dans tout ce que peut oser Marvel en ce moment. C’est plus une entreprise de destruction à grande échelle. Marvel casse les codes, bouscule les habitudes, nous chamboule et on aime détester cela. Avengers 3 est un nouveau tournant. Son dénouement ne sera peut-être pas aussi sympa qu’on pourrait le penser mais encore une fois… quelle claque !

Black Panther

Encensé lors de sa sortie, Black Panther était la nouvelle surprise de Marvel qui, comme s’il fallait en doutait, continue à prouver qu’ils sont capables de faire de bons divertissements. En ce qui me concerne, Black Panther, sans être un ratage complet est sûrement le Marvel qui m’aura le moins plu, le moins enthousiasmé.

Black PantherIl faut reconnaître que le film n’est pas vraiment utile dans ce MCU. À moins que ce ne soit pour la jonction avec Avengers Infinity War et expliquer comment on se retrouve subitement en pleine guerre au coeur du Wakanda, je ne vois pas bien en quoi ce film importe, même dans l’approfondissement du personnage principal. Ici, c’est le méchant qui est le plus intéressant, sans être non plus une foudre. Tout est donc revu au rabais avec des types qui crient comme des gorilles (gné?).

Le seul point qui m’aura plu, c’est le dépaysement qu’offre le film. Le cadre est magnifique, inédit, ça change, un peu comme avait pu le tenter Thor à son époque. Ce n’est pas non plus une purge absolue, impossible à revoir. Disons que cela reste assez fade, convenu et légèrement… comment dire ? incompréhensible quand le Wakanda ouvre ses portes à n’importe qui… Bref ! Ce n’est pas la seule incohérence du film et on finit par baisser les bras pour rester passif devant un divertissement plutôt sympa en terme d’action et de cadre et assez médiocre sur tout le reste.

Thor – Ragnarök

Certains diront que Thor Ragnarok est comme une cassure. Marvel distille de plus en plus son humour dans ses films et Ragnarok vient rejoindre les Gardiens en la matière. Personnellement, cela ne m’a pas dérangé. Surtout que c’est aussi le moment de faire bouger les choses, de tout revoir de fond en comble. Et pour cela, il faut casser. Casser les acquis, détruire au risque de déplaire. L’humour fait sûrement mieux passer la pilule…

thor-ragnarokAlors évidemment que j’ai du mal à me faire à certaines choses dans ce film mais ce n’est que du positif : ça crée des émotions. Les choses doivent être brisées pour évoluer et on doit l’apprendre en même temps que Thor lui-même. Il doit accepter son destin et devenir le véritable Dieu du Tonnerre qu’il est.

Tous ces changements, osés et brutaux surviennent avec la Bad Girl la plus badass de l’ensemble de la saga à ce jour. C’est la force de Marvel : toujours présenter un vilain plus fort que le précédent. Le tout sur un fond très pop, très disco, très eighties. Mélange étrange et plus ou moins appréciable.

Spiderman Homecoming

Je n’aime pas vraiment ce qu’est devenu Spiderman. La claque puissance 3 de Sam Raimi étant encore bien présente, il est compliqué d’appréhender tout nouveau tisseur. Je préfère tout de même ce dernier reboot à l’entre-deux Garfield

spider-man-homecomingPour une fois, or de question de revenir sur les origines du héros et quand on lui pose la question, Parker en est même blasé de raconter toujours la même chose. Marvel répond donc à ceux qui en ont aussi ras le melon de tourner en rond. Reste que la firme compte bien récupérer son œuvre, la sauver des griffes de Sony (pour mieux leur livrer Venom en pâture…).

Toujours est-il que Spiderman n’a pas changé, toujours aussi pénible. Le film est drôle, très drôle, très teenage aussi mais agace à certains moments. Tom Holland fait le job mais on ne regarde ce film pour lui. On regarde ce Spiderman pour Michael Keaton, impérial en Vautour.

Même si le film n’arrive pas comme un cheveu sur la soupe dans le MCU, il sert tout de même de transition entre Civil War et le futur Avengers Infinity War, permettant ainsi à Marvel de reprendre complètement le projet Spiderman sous son aile.

Négociateur

Accusé à tort (classique), un négociateur (ah, moins classique) fait appel à son rival pour démêler la situation. Comme son titre l’indique, Négociateur nous plonge un tant soit peu dans l’univers des négociateurs en prise d’otages. Alors d’accord, la sauce hollywoodienne aidant, pas sûr que l’on soit là dans une immersion totale.

negociateurMais peu importe. Suspense haletant, du moins sur quelques temps car le final est assez simple à deviner, on passera là-dessus tellement le reste est intense avec des rebondissements jouissifs et deux monstres du cinéma américain (dont un déchu depuis) se donnant la réplique avec brio. C’est peut-être d’ailleurs pour ça que Négociateur est ce qu’il est et non pas un énième film d’action au rabais : par la présence de Samuel L. Jackson et Kevin Spacey.

Il ne faut pas s’attendre à du grand art, à quelque chose de vraiment dramatique, juste une production nerveuse, divertissante et efficace.