Requiem

Une jeune violoncelliste, Mathilda, voit sa mère se suicider dans des circonstances étranges. Déjà hantée par de mystérieux souvenirs d’enfance, elle décide d’aller à Penllynith, une petite ville galloise où tout semble avoir débuté par la disparition d’une enfant, 23 ans plus tôt. Persuadée d’être l’enfant disparue, Mathilda réveille les souvenirs peu à peu et ce n’est pas du goût de la population locale…

Requiem 01Requiem reprend le principe de beaucoup de séries, voire films, à savoir une recherche d’identité avec en trame de fond, un drame passé qu’il faut taire à tout prix. Si la plupart des éléments qui constituent cette série sont assez clichés, la narration reste plutôt intéressante, avec certains revirements qui ne manqueront pas de surprendre.

Son ambiance, très british bien sûre et très pesante, ces décors, ces personnages sombres, inquiétants, méfiants, vrais ou faux alliés, font oublier ce côté déjà vu et parviennent presque à créer une série vraiment originale. On reste pour savoir ce qui se passe, les liens qui apparaissent et tissent cette toile dramatique entre un passé obscure et un présent qui ne l’est pas moins. Focalisés sur le personnage principal en quête d’identité, nous sommes tout aussi perdu, découvrant au compte goutte les pièces du puzzle.

Requiem 02Ésotérisme, obscurantisme, tout un tas de isme s’invitent à la fête pour parfaire le tout et donner des moments tendus et flippants. Si toutes les questions ne trouveront pas véritablement de réponse au bout de ces 6 épisodes, on a déjà hâte de connaître la suite. Le fil rouge trouve cependant sa conclusion tout en nous promettant une saison 2 qui évoluera vers autre chose. Renouvellement dans la continuité donc ?

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Douce Nuit, Sanglante Nuit

Traumatisé par le meurtre de ses parents par un père noël, William a bien du mal à passer les fêtes de noël.

douce nuit sanglante nuit 1_01Douce Nuit, Sanglante Nuit a tout de la série Z qui s’assume plus ou moins. Marchant sur les traces de Vendredi 13 ou encore Halloween, ce qui reste le clou du spectacle est cette incroyable volonté de détruire les rêves des petits enfants en brisant l’icône Santa Claus.

Grosse série Z très convenue, pompeuse, lente et sans grand intérêt, le réalisateur prend son temps. Lui-même au bout du rouleau ou jamais dans son projet, les séquences s’étirent non pas pour créer un suspense insoutenable mais pour arriver péniblement à l’heure 18 que dure le métrage.

douce nuit sanglante nuit 1_02Mal joué, ce slasher improbable veut faire passer un message : soyez sage ! Tout faux semblant, toute dérive sexuelle sera bien entendu puni de mort violente où là aussi notre papa noël chéri aura encore quelques cours à prendre auprès de Jason. Vite et bien, c’est ce qu’il y a de plus fun tout de même !

Enfin voilà, Douce Nuit, Sanglante Nuit est né à la bonne époque pour rester encore dans les tiroirs et mêler deux thèmes que l’on pouvait supposer incompatibles (mais 3615 Code Père Noël y parvient nettement mieux !). Les ingrédients de Vendredi 13 sont tous repris un à un sans jamais comprendre pourquoi on fait ça ou ça. À peine 1h20, ce n’est pas non plus une torture mais ça reste tout de même long quand le réalisateur s’appesantit sur ce que l’on a compris depuis des plombes…

La Ballade de Buster Scruggs

Scruggs 03Cela faisait un moment que je n’avais plus goûté aux joies des films à sketchs. Quoi de mieux qu’un Cohen Bro. pour renouer ? La Ballade de Buster Scruggs, ce sont 6 segments de western présentant des histoires cyniques, touchantes, dramatiques et sombres.

Scruggs 01Casting 4 étoiles (James Franco, Zoe Kazan, Liam Neeson, Tim Blake Nelson…), la première histoire met le ton, avec l’humour légendaire des frères Cohen. Simple, brutal, efficace, on enchaîne les récits dont le fond est toujours simple mais dont la réalisation va sublimer le tout. Les personnages, tous aussi atypiques et décalés vont contribuer à faire oublier certaines histoires plus ou moins intéressantes. Quoi qu’il en soit, on doit rester jusqu’à la fin du récit pour voir comment cela se termine. Et comme en écho à Fargo, on n’a rarement envie que la fin proposée soit bien celle-là. On garde espoir mais non, les Cohen ne font aucune concession devant ce monde violent, dangereux et souvent sans espoir.

Scruggs 02Cet humour noir juxtaposé aux tragiques des situations font de Buster Scruggs un film bourré d’ascenseurs émotionnels. Les crevures viennent se glisser ici ou là pour mieux nous faire apprécier des personnages que l’on va inévitablement trouver attachant, même si ce sont voleurs et assassins.

Chaque segment ne se vaut pas mais, comme souvent, un film des frères Cohen reste gravé sur la rétine.

Alita – Battle Angel

Alita est une adaptation live du manga Gunnm, déjà adapté en anime au début des années 90 mais qui n’aura eu droit qu’à 2 OAV (le projet ayant été pensé comme cela car le mangaka avait fait du papier sa priorité). James Cameron (déjà à l’origine de la découverte de Gunnm au delà du Japon) a donc écrit un scénario et refilé le bébé à Robert Rodriguez.

Alita 01Même avec ces noms, j’avais peur de la tendance teenage qui sévit au cinéma depuis quelques années. Si effectivement cet aspect est présent, le film ne s’adresse clairement et uniquement pas à ce public. Alita prend très vite ses aises et n’offre aucune concession, enchaîne la violence type Comics, se permettant même le luxe d’aller à contre courant des règles établies.

Alita 02De ce fait, le film devient intéressant, accrocheur et original. Cyberpunk, relation entre humain et cyborgs, ces sujets ne sont malheureusement qu’effleurés pour se concentrer sur l’action, les prouesses techniques et le visuel qui, reprenant des éléments déjà connu de tous, nous offre tout de même un univers riche et nouveau. Je ne dirais pas que c’est original. On a déjà vu ça cent fois mais on peut découvrir cet univers sans pour autant penser à de la copie conforme de Blade Runner et consorts. Les références ne manquent pas, notamment (et évidemment) à l’univers manga, tout en gardant une patte très américaine.

Alita 03Le mélange live/images de synthèse (et motion capture indispensable) est plutôt bien foutu, voir bluffant par moment, même si j’ai trouvé que les proportions de Alita était parfois étranges. Sur un scénario dont on se sait pas vraiment où il va nous mener, avec les miettes parsemées ici ou là, sur fond d’interrogations permanentes, il n’en fallait pas moins pour que le film évite d’être une simple succession de séquences d’action toutes plus réussies les unes que les autres. Rodriguez sait raconter des histoires mais il sait aussi éviter les pièges, rendre un tout plaisant, contenter tout le monde et ce tout en maîtrise.

En somme, Alita aura été une bonne surprise. Si l’américain l’emporte sur le nippon, le film – nerveux, énigmatique à plein d’égards, surprenant parfois – ne plonge peut-être pas assez dans le cyberpunk, ne se contentant que de montrer. Comme il ne s’agit pas là d’un spectacle aussi familial que l’on veut bien le supposer, cette réflexion n’aurait pas été un poids, bien au contraire.

Short Circuit

Je continue mon voyage pour redécouvrir des films que je n’ai pas revus depuis près de 30 ans. Cette fois, c’est Short Circuit, une sorte d’Asimov plus cool, très nettement moins complexe aussi, où un robot se sent vivant après avoir pris une décharge électrique.

short circuitAvec Steve Guttenberg, mascotte de Police Academy, le film est une pure comédie avec des anti-technologies d’un côté, représentés par le militaire forcené, fou de guerre, qui n’a qu’une envie, tout casser juste pour le plaisir et interprété par l’incontournable G.W. Bailey, la même peau de vache de Police Academy, et de l’autre les gentils qui veulent sauver le matos.

Le robot découvrant la vie et ce qui l’entoure est le prétexte au syndrome Visiteurs. Jeux de mots, quiproquos et délires en tout genre s’enchaînent dans cette course poursuite qui n’aura plus rien de surprenant de nos jours. Décomplexé, spectacle familial si on excepte un langage souvent ordurier (on ne refusait rien en ce temps-là), le film a certes quelque peu vieilli mais se regarde encore très bien. L’humour passe partout, traverse le temps et on se détend devant cette légèreté sympathique.

 

Le Sous-Sol de la Peur

Mitigé à ma première vision, qu’est-ce que ça donne, presque 30 ans après ? Toujours aussi indécis, toujours aussi perplexe, toujours aussi compliqué de voir le positif se mêler au plus négatif.

sous sol de la peur 01C’est Nadine et Ed, le couple de Twin Peaks, que l’on retrouve ici dans la peau de la femme et l’homme, de Maman et Papa, de ces étranges propriétaires qui font on ne sait quoi avec la communauté environnante. Bien entendu, on en apprend plus dans le film et loin de moi l’idée de spoiler quoi que se soit. Au milieu se trouve Fool un gosse défavorisé vivant dans un ghetto à Los Angeles. Le jeune ado se laisse embarquer par deux amis qui cambriolent les baraques. Ils ont jeté leur dévolu sur l’une d’elle, un endroit où plus personne n’ose s’aventurer. Fool va découvrir une réalité qu’il ne soupçonnait pas et vivre une de ses plus terrifiantes expériences.

sous sol de la peur 03Le Sous Sol de la Peur se démarque de productions horrifiques de l’époque en mettant les noirs non pas en tant que faire valoir comme d’ordinaire mais bien au coeur de cette intrigue horrifique. C’est une première surprise des plus agréables, surtout quand le film tient sur les épaules d’un gamin d’à peine 12 ans. La première fois que j’ai vu ce film, j’avais été stupéfait par sa prestation et aujourd’hui, je le suis encore. Il tient la dragée haute à Everett McGill (qui en fait peut-être un peu trop) et à Wendie Robie (toujours aussi déjantée).

L’ambiance du Sous Sol de la Peur est assez claustrophobique et dérangeante. C’est un autre point fort du film qui va jouer dessus pour enchérir sur les aspects plus horrifiques, plus gores et arriver à faire sursauter quelques fois.

sous sol de la peur 02Pourtant, il y a cette aspect amateur et série Z qui subsiste alors que c’est Wes Craven qui est à la barre. L’humour décalé ne fonctionne pas. Le côté déjanté de ce couple complètement azimuté est également très mal rendu, du moins par Everett McGill, qui ne parvient jamais à faire peur alors qu’il a déjà ce regard si particulier de psychopathe.

Voilà pourquoi Le Sous Sol de la Peur est si étrange. Parfois surprenant, inventif et terrifiant, il sait aussi être débile, mal foutu, très amateur et très mal maîtrisé.

Angles d’Attaque

Le scénario est assez convenu mais ce sera dans sa narration que Angles d’Attaque trouvera son intérêt. Sur à peine 1h20, on va revivre un moment clé de plusieurs de points de vue différents afin de recoller les morceaux de ce puzzle.

angles d'attaque 01Le suspense n’est pas ce qu’il y a de plus maîtrisé dans ce film. Sa réalisation énergique et rythmée, remettant à chaque fois en cause tout ce que l’on vient de voir, fait que l’on parvient à apprécier ce thriller qui, sans cela, serait plat comme une crêpe, sans consistance.

VANTAGE POINT

Il aura également fallu un casting d’assez haute volée pour le vendre, notamment une Sigourney Weaver qui casse, une fois de plus, ces rôles habituels. Ici, elle fait plus office de caméo. De l’autre côté, on aura Forest Whitaker, toujours aussi poussif dans ces rôles qui le conduisent présentement à passer pour le demeuré qu’il n’est pas. Cours, Forest, cours…

angles d'attaque 03Entre les deux, Dennis Quaid tient la barre en agent de la sécurité troublé, seule tronche au milieu du désastre. Personnage assez classique mais sortant pourtant du lot. En fait, tout le film est calqué sur ce principe. Il ne s’en sort que parce qu’il a une narration des plus singulières et originales ou du moins bien maîtrisée. Sans cela, il ne vaudrait plus grand-chose. Chaque plan est remis en question par ce qu’un autre personnage va apporter comme réponse. Pas le film du siècle mais un bon divertissement tout de même.